Pourquoi vous opposez-vous au texte du gouvernement GALLOUZEAU de VILLEPIN sur les contrats "nouvelle embauche" ?
Ce texte pose deux problèmes : sur la forme et sur le fond.
Légiférer par ordonnance sur des sujets aussi complexes que l’emploi et le chômage est tout à fait contraire à ce que demande l’ensemble des partenaires sociaux, politiques et citoyens.
Les résultats des dernières élections dénotaient une inquiétude, une angoisse, une demande de clarté, de la part des français. Cela n’est évidemment pas possible quand on agit par ordonnances.
Sur le fond, c’est une loi dont la lecture est extrêmement difficile. Les mesures sur l’emploi sont particulièrement floues. Par exemple, dans l’exposé des motifs, est évoquée l’application de ce texte pour les très petites entreprises de10 salariés maximum. Dans les articles plus techniques, on parle des entreprises de 20 salariés et un peu partout, on entend des déclarations du type: « il faudra aller plus loin ».
Concrètement, on est dans l’hésitation, la contradiction, et l’impossibilité de savoir ce qu’il y aura dans les ordonnances.
Que pensez-vous des mesures proposées par le gouvernement pour lutter contre le chômage ?
Je ne vois pas en quoi ces mesures pourraient encourager l’embauche. Elles reviennent sur les garanties des salariés, leurs droits sociaux et les moyens de syndicalisation dont ils disposent. À l’instar, du contrat « nouvelles embauches » qui légitimerait et institutionnaliserait un nouveau statut : le salarié « Kleenex » que l’entreprise jettera sans aucune justification ni aucune garantie ou contrepartie. Là, et c’est inquiétant, on est plus seulement dans une précarisation accrue du salariat, mais dans des distorsions touchant au code du travail et aux conventions collectives.
Comment qualifier la stratégie de ce gouvernement ?
C’est un gouvernement autiste, qui n’écoute pas, ne retient rien. C’est un gouvernement, qui ressort les vieilles lunes du patronat, les promesses de création de centaines de milliers d’emplois en contrepartie d’un allégement des charges patronales.
Pas à pas mais avec une grande continuité, il affirme sa position de fond, ultra-libérale : l’individualisation des rapports entre le salarié et l’entreprise, au mépris des attentes et intérêts les plus fondamentaux des Français.
Les commentaires récents